Homme batisseur et femme batisseuse: analogie, ambivalence, antithese ?
| What | Meeting |
|---|---|
| When |
2008-12-02 15:00
to 2008-12-04 20:00 |
| Where | Institut Historique Allemand 8, rue du Parc Royal 75004 Paris, + Institut National d'Histoire de l'Art 2, rue Vivienne ou 6, rue des Petits Champs 75002 Paris |
| Contact Email | flaminia.bardati@gmail.com |
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International Colloquium
direction scientifique:
Sabine Frommel et Flaminia Bardati
Comite scientifique et d'organisation:
S. Frommel, M. Hochmann, (École Pratique des Hautes Études) ; F. Bardati
(Università della Tuscia) ; A. Payne (Harvard University) ; P. Bassani
(Association des Historiens de l'Art Italien) ; A. Pralong (Institut National
d'Histoire de l'Art) ; A. Gargano (Istituto Italiano per gli Studi Filosofici, Napoli)
renseignements : flaminia.bardati@gmail.com
L'arrivée au pouvoir de la femme dans la civilisation occidentale est reçue comme une révolution culturelle. De toute évidence ce phénomène, à la fois innovant, étonnant et inquiétant, a déclenché des réflexions touchant aux strates les plus énigmatiques de la vie collective et individuelle, en faisant appel à l'étude des spécificités du comportement féminin. La psychologie, tantôt en rapprochant les impulsions et les mécanismes des deux sexes, tantôt en insistant sur de profondes divergences, est loin de pouvoir déterminer, à l'heure actuelle, les racines et l'évolution du comportement de l'homme et de la femme. Si le courant féministe est parvenu à mettre en lumière et à revaloriser un ample éventail d'éléments et de topoi, la compréhension de l'attitude de la femme, pour se révéler dans toute sa clarté, exige la confrontation avec celle de l'homme. La comparaison, utilisée dans le domaine de l'histoire de l'art pour mettre en parallèle traditions, mentalités et formes, peut contribuer à une meilleure connaissance de l'attitude de la femme lorsqu'elle commande des oeuvres d'art. Et ceci apparaîtra de manière particulièrement marquante quand il s'agit de l'art qui est considéré comme le plus masculin : l'architecture. Tandis
que l'homme constitue ses connaissances sur l'art de bâtir par l'ars fortificatoria, dont l'étude fait partie de la formation d'un jeune prince, la femme les acquiert de façon différente et se sert, par conséquent, d'autres méthodes pour concevoir et transmettre ses idées. Le monument sépulcral de la reine Hatshepsout révèle que le mécénat féminin produisit dès l'Egypte ancienne des oeuvres audacieuses et inclassables. L'édification, dans la Constantinople du 6e siècle, de l'église Saint-Polyeucte par la patricienne Anicia Juliana contraignit Justinien à relever le défi en construisant la Saint-Sophie que l'on connaît. La réévaluation du rôle de la femme dans la société à la Renaissance engendra des réalisations tout aussi spectaculaires. Celles-ci concernent à la fois des édifices appropriés aux exigences féminines et des opérations monumentales entreprises en l'absence de l'homme. Cette absence, temporaire pendant la guerre ou définitive lors du veuvage, est un vecteur essentiel de l'activité féminine dans le domaine de l'architecture. A côté de la « solitude responsable » due à l'absence de l'époux, d'autres conditions sociales caractérisent l'approche féminine du mécénat d'architecture. Puisque le mariage oblige la femme à quitter sa patrie et à s'installer dans l'univers parfois lointain du mari, il contribue souvent à la migration des langages et des traditions. Reine ou régente, la souveraine cherche, en effet, à établir une stratégie visuelle afin de rendre sensibles ses origines, son identité et son individualité. Les motivations des femmes en tant que commanditaires d'oeuvres architecturales sont plus complexes que celles des hommes et, souvent, elles sont motivées par une volonté de compensation et de légitimation. Le colloque doit mettre en évidence les traits spécifiques
du mécénat architectural féminin, la nature des compétences souvent remarquables dont font preuve les femmes, à travers la façon de concevoir et de dialoguer avec des architectes. La dualité homme / femme constituera le fil conducteur de la manifestation : il s'agira non seulement de confronter des opérations par couple - mari et femme, frère et soeur ou père et fille - mais aussi de mettre en parallèle la politique artistique des cours européennes pendant la Renaissance. L'intervention d'historiens permettra, dans une perspective transdisciplinaire et diachronique, d'ouvrir à l'histoire sociale et politique les débats qui tireront également bénéfice de la contribution de médiévistes spécialistes des mondes chrétiens et musulmans.
PROGRAMME
Mardi 2 decembre
Paris, Institut Historique Allemand
15.00 Ouverture des travaux, Présidence : Annie Pralong
15.30 : Jean-Michel Mouton, Sandra Schaad, (École Pratique des Hautes Études), Le mécénat des princesses musulmanes au Moyen Âge : l'exemple des épouses de califes et des épouses de sultan au Proche Orient
16.10 : Gilles Veinstein, (Collège de France), Le mécénat des princesses ottomanes
16.30 : Juliette Dumas, (Collège de France), Le mécénat des princesses ottomanes : étude de quelques cas
16.50 pause
17.20 : Elisabeth Lalou, (Université de Rouen), L'étude des femmes mécènes du Moyen Âge occidental
17.40 : Sabine Berger, (Université de Paris IV), L'implication de l'entourage féminin des conseillers du roi de France dans la construction et la commande artistique (1270-1328)
18.00 : Emilie Brantes, (Université de Rouen), Les fondations de Mahaut d'Artois
Mercredi 3 decembre
Institut National d'Histoire de l'Art, salle Vasari
Présidence : Danielle Jacquart
9.30 : Elisabeth Malamut (Université d'Aix-Marseille I), L'oeuvre des aristocrates et impératrices byzantines
10.10 : Christoph L. Frommel (Bibliothèque Hertziana et Università "La Sapienza", Rome), Isabella d'Este e Francesco Gonzaga committenti di architettura
10.50 : Marco Folin (Université de Gênes), Eleonora d'Aragona et Ercole I d'Este : un couple de souverains bâtisseurs
11.30 pause
12.00 : Julien Noblet (Attaché de conservation, Ville d'Orléans), Du rôle des femmes dans la fondation des collégiales funéraires en France (1450-1560)
12.40 : Flaminia Bardati (Università della Tuscia, Viterbe), Anne de Bretagne : identité et mémoire
13.20 pause
Présidence : Monique Chatenet
15.30 : Enrico Lusso (École Polytechnique de Turin), La committenza architettonica degli ultimi Paleologi marchesi di Monferrato. Gli anni di Guglielmo IX e Anne d'Alençon (1493-1530).
16.10 : Caroline zum Kolk (Centre de recherche du château de Versailles), L'espace de la reine à la cour des derniers Valois
16.50 : pause
17.20 Sabine Frommel (École Pratique des Hautes Études, Paris), Deux couples, deux stratégies : Catherine des Médicis et Henri II - Marguerite d'Autriche et Ottavio Farnese
18.00 : Sigrid Ruby (Université de Giessen), Diane de Poitiers, favorite d'Henri II: Son château d'Anet comme bâtiment royal et mausolée"
Jeudi 4 decembre
Institut National d'Histoire de l'Art, salle Vasari
Présidence : François Queyrel
9.30 : Kathleen Wilson-Chevalier (American University of Paris), Madeleine de Savoie et Anne de Montmorency: un couple de bâtisseurs conjugaux?
10.10 : Mercedes Gomez-Ferrer (Université de Valencia), Mécénat féminin dans la cour d'Espagne au XVI siècle? Les femmes de Charles V et Philippe II
10.50 : Daniela del Pesco (Università degli Studi de L'Aquila), Mme et M. de Chantelou
11.30 pause
12.00 : Julius Chrościcki (Université de Varsovie), « Elle a décidé pour imiter B. Longhena » à Gostyn (Grande Pologne).
12.40 : Anna Tuskes (Université Eotvos Lorand Budapest), La commande architecturale féminine en Hongrie du XVe au XVIIe siècle
13.20 pause
Présidence : François Queyrel
15.30 : Annarosa Cerutti Fusco, (Università "La Sapienza", Rome), Patronage nobiliare femminile e maschile a confronto: conflitti e dinamiche nella cultura architettonica del Seicento romano
16.10 : Claudia Conforti, Alice Jarrard (Università di Roma "Tor Vergata" et Mount Holyoke College, USA), Lucrezia Barberini et Laura Martinozzi, duchesses d'Este au XVIIe siècle : limites et réussites
16.50 : pause
17.20 : Eva Krems (Philipps Universität de Marburg), Le mécénat féminin dans la cour de Wittelsbach à Munich (16ème et 17ème siècle)
18.00 : Adriano Aymonino (Scuola di Studi Avanzati in Venezia), Culto dell'Antico e culto della Stirpe: il mecenatismo architettonico di Hugh Smithson Percy ed Elisabeth Seymour Percy, primi duchi di Northumberland.
Institut Historique Allemand
8, rue du Parc Royal
75004 Paris
Institut National d'Histoire de l'Art
2, rue Vivienne ou 6, rue des Petits Champs
75002 Paris